Les Amazighs, Peuple d'Hommes Libres

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Les Amazighs, Peuple d'Hommes Libres

Message par Admin le Mar 6 Oct - 19:16

Arabisation forcée






Voici
le deuxième document proposé aux internautes cette semaine par Med
Ouramdane KHACER, ancien membre de l’Académie Berbère, actuel président
de l'association Afus Deg Wfus à Roubaix. Il mentionne que malgré un
redoublement d'efforts par les gouvernements pour accélérer le
processus d’assimilation des amazighophones avec leur politique
d’"arabêtisation forcée", "la jeunesse amazighe exprime, elle, le
besoin de renforcer sa mémoire et son sentiment identitaire".
L'analyse objective de la situation sociale et culturelle aussi bien en
Afrique du Nord qu'en France pour les jeunes berbères, nous amène à une
prise de conscience de l'ampleur du déni et de ses conséquences. Les
attentes en formation, en outils d'édition, en nouveaux médias, en
politique de contre-domination culturelle, sont devenues d'une
inflexible nécessité.
Afus d Wufus appartient encore à ces anciennes et importantes
structures qui ont sû rester libres de leurs actions associatives,
agissant à la fois en direction de l'éducation, de la formation et de
l'engagement politique kabyle et berbère. L'association s'est montrée
solidaire du mouvement citoyen des Aarchs en Kabylie en 2001 quand
d'autres au contraire soucieuses de leurs subventions ou de leurs
propres intérêts sont restées assez silencieuses.
L'article qui suit, à la fois simple et exact, fut l'un des supports de
la conférence-débat tenue par cette association à l'Hôtel de Ville de
Roubaix, le samedi 27 juin 2009. Il est toujours intéressant de revoir
ou de faire connaître les fondamentaux du combat identitaire amazigh.





Allons à la rencontre du peuple Amazigh. Riche d’une culture
plurimillénaire nourrie de multiples apports, les Amazighs se sont
forgée une mémoire et une identité commune qui s’étend des Iles
Canaries à l’Egypte, du nord de l’Algérie jusqu‘au sud du Niger. Sur ce
sous continent africain, dans ce substrat identitaire historique
amazigh, nous retrouvons : Les Amazighophones, les Arabophones et les
Canariens.



Nous pouvons dire que cette amazighitude se conjugue de nos jours en
amazigh, en arabe populaire et en espagnol pour les habitants des Iles
Canaries. Aujourd’hui, ce peuple se bat pacifiquement pour que les pays
qui composent cette terre de l’Amazighie (Berbèrie) puissent retrouver
la liberté et la paix par la réhabilitation officielle de leur identité
historique amazighe et par la co-officialité de leur première langue
nationale historique qui demeure un droit historique inaliénable. C’est
une exigence, une chance et une échéance pour l’avenir des pays de
l’Amazighie.


Quelques repères historiques




Les Amazighs (pluriel de Amazigh qui signifie «homme libre puis
noble») constituent un des peuples les plus anciens du continent
africain. Leur présence en Amazighie (Afrique du Nord) remonte à la
plus haute antiquité.
C’est le premier peuple à s’établir dans ce sous continent de l’Afrique. Il est le peuple autochtone de cette région.
Grâce à son peuplement amazigh qui remonte à la préhistoire,
l’Amazighie possède une unité culturelle. L’homme amazigh tire ses
origines de deux éléments essentiels : Les « Pré méditerranéens » et
Les hommes d’Afalou « Groupe de l’homo sapiens » De 5000 à 8000 &
de 8000 à 12000 av. le présent. (Cf : Les Premiers Berbères par M.
Hachid. Edisud).


Les Apports et l’identité




Tout au cours de l’histoire, les Amazighs ont reçu différents
apports qui ont nourri leur personnalité et leur culture. Ces apports
ne peuvent pas constituer des identités. Les Amazighs avant d’être
confrontés aux Phéniciens, aux Romains, aux Byzantins, aux Vandales,
aux Arabes, aux Turcs et aux Européens, avant de parler et d’écrire en
punique, latin, grecque, arabe, français, espagnole, italien, avant
d’adopter les trois religions monothéistes, étaient des Amazighs
polythéistes, parlaient et écrivaient en amazigh tout naturellement.
C’est cette amazighitude qui tire ses racines du substrat amazigh qui a
forgé les différentes identités nationales des pays de l’Amazighie.
C’est cette conception de l’identité historique enracinée dans les pays
de l’Amazighie qui doit être consacrée. Elle ne peut pas être une
dimension parmi tant d’autres. (arabité, islamité, francité, latinité,
chrétienté…), elle est l’identité. On peut donc considérer que les
Amazighophones, les Arabophones de l’Amazighie et les Canariens se
fondent dans la même identité historique amazighe. Ce sont tous des
Amazighs.


Les Personnages historiques




Au cours de l’histoire, les Amazighs ont donné de grand personnages,
on peut citer : Aylimas, Gaya, Massinissa, Syphax, Jugurtha,
Takfarinas, Chachnaq, Juba, Apulée, Tertulien, Saint-Cyprien,
Saint-Augustin, Koceila, Dihya, Mayssara, Tarik Ibn Ziad, Ibn Tachfin,
Ibn Toumert, Abdel Moumen, Ibn Batouta, Ibn Khaldoun …


La Langue & l’écriture




La langue amazighe remonte aux premiers balbutiements de l’homme en
Amazighie. Son aire d’extension s’étend de l’Oasis de Siwa en Egypte
jusqu’aux confins du Maroc, du nord de l’Algérie jusqu’au sud du Niger.
Les Canariens ne pratique plus la langue amazighe mais se reconnaissent
amazighs. Les Amazighs possèdent depuis l’antiquité leur propre
alphabet appelé Tifinnnegh. Depuis 2002, l’alphabet Tifinnnegh est
utilisé officiellement pour l’enseignement de la langue amazighe au
Maroc.
Actuellement la langue amazighe est parlée par environ 40 millions de
personnes en Afrique du Nord. A l’origine, les Amazighs occupaient un
immense territoire allant de l’Egypte aux Iles Canaries et de la mer
Méditerranée jusqu’au fleuve Niger aux confins de l’Afrique Noire.
Depuis, l’espace amazighophone s’est inexorablement réduit au fur et à
mesure qu’avance l’arabisation entamée au 7e siècle de notre ère et se
poursuivant encore aujourd’hui avec encore plus de force, d’agressivité
et de rapidité. Cependant, même les groupes ayant perdu l’usage de la
langue comme les Canariens, ils restent fermement attachés à leur
identité amazighe.


Aujourd’hui




Les Amazighophones occupent essentiellement les reliefs (montagnes
du Rif, de l’Atlas, du Djurdjura, des Bibans, des Babors, du Mzab, du
Chenoua, des Aurès, de Nefoussa) et le désert (Sud Marocain, pays
touareg, sud tunisien et Libyen, Oasis de Siwa).
Ils sont coupés les uns des autres par d’immenses distances (plus de 2
000 km séparent les Kabyles des Touaregs par exemple) et par des
frontières administratives qui interdisent parfois dramatiquement leur
libre circulation.



L’exemple de l’Algérie et du Maroc pour empêcher la communication
entre les Amazighophones. Dans le cas des Touaregs dont l’immense
territoire est réparti entre plusieurs Etats (Algérie, Mali, Niger,
Burkina-Faso, Libye, Mauritanie…), cela remet en cause leur mode de vie
traditionnel et menace leur survie. En effet, pour les populations
amachèques au déni identitaire linguistique et culturel, s’ajoute leur
marginalisation économique et sociale.



Ce sont là, les raisons principales pour lesquelles les Touaregs
n’ont trouvé d’autre issue que d’organiser leur résistance face aux
gouvernements nigérien et malien depuis 1990. Dans les autres états, la
même politique de négation est appliquée à l’encontre de l’identité
amazighe.
En effet, aucun Etat n’accorde une reconnaissance constitutionnelle à
l’amazigh en tant que langue officielle. Au contraire, les
gouvernements redoublent d’efforts pour accélérer le processus
d’assimilation des Amazighophones par une politique « d’arabêtisation »
forcée c’est le cas de la loi d’arabêtisation en Algérie et la loi
interdisant l’usage des prénoms amazighs au Maroc).
Dans les pays comme la Tunisie ou la Libye, l’oppression et la
répression sont le lot de tout militant amazigh qui ose revendiquer le
simple droit à s’exprimer dans sa langue maternelle.
La pauvreté des territoires montagnes ou déserts autant que leur soif
de liberté, a fait que les Amazighophones ont été nombreux à quitter
leur terre natale pour des horizons plus ou moins lointains, en quête
des moyens de leur dignité.



C’est ainsi qu’ils sont aujourd’hui particulièrement présents dans
plusieurs pays notamment en France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne et
Amérique du Nord et s’organisent en association. En Europe, en général,
l’immigration amazighophone est très ancienne. En effet, si l’on prend
l’exemple des Kabyles, leur arrivée en France remonte à la deuxième
moitié du XIXème siècle.
Depuis, l’Europe a accueilli plusieurs vagues d’immigrants
amazighophones (Kabyles et Chleuhs pour la France, Chleuhs et Rifains
pour la Belgique, Rifains essentiellement pour les Pays-Bas et
l’Allemagne). A partir des années 80 les Amazighophones vont dans des
pays plus lointains (USA, Canada, Australie).
Il est cependant important de noter que cette dernière immigration
concerne beaucoup plus les catégories intellectuelles. Où qu’elles
soient établies, les différentes « familles amazighophones »
conservent, tout en étant ouvertes aux autres cultures, leurs modes
culturelles en s’organisant dans des associations et gardent des liens
étroits avec le pays d’origine.



Med Ouramdane KHACER
Ancien membre de l’Académie Berbère
Président de l’association Afus Deg Wfus
Conférence - débat du samedi 27 juin à l’Hôtel de Ville de Roubaix
Proposée par l’association Afus Deg Wfus
dans le cadre du forum Laïcité- Egalité / Laïcité- Paix
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